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Prévention par UNFPA des Violences basées sur le genre à travers des volontaires communautaires à Cankuzo

Une session de formation a été organisée en province de Cankuzo du 21 au 23 Avril 2020 à l’intention de quarante volontaires communautaires par UNFPA dans le cadre de la mise en œuvre du Projet conjoint TUBEHONEZA. Ils ont été identifiés et validés en communes de Gisagara et Mishiha de la même province. Pendant les trois jours, les thématiques sur la prévention et la réponse des violences basées sur le genre, les techniques de sensibilisation ainsi que les aptitudes, le rôle et responsabilités d’un agent communautaire ont été abordés.

Le conseiller principal du Gouverneur de la province de Cankuzo les a encouragés à suivre avec intérêt cette formation pour partir à la fin avec un maximum de connaissances qu’ils pourront par la suite partager dans leurs communautés respectives pour lesquels ils sont ambassadeurs. Il a tenu également à saluer le dispositif de protection collective contre le Covid-19 mis en place par l’équipe UNFPA et a recommandé à ces agents communautaires en formation de s’y inspirer et répéter chaque fois les gestes de respect de la distanciation sociale, le lavage des mains à l’eau propre avec du savon à plusieurs reprises.

Le coordinateur du projet quant à lui, il a présenté le programme « TUBEHONEZA » tout en insistant sur le volet « Préservation du tissu social » dont UNFPA est responsable à côté d’autres agences des Nations Unies dans le consortium à savoir FAO et PAM qui sont responsables du volet sécurité alimentaire ainsi que l’UNICEF qui s’occupe de la composante nutrition, hygiène et assainissement.

Le viol sexuel n’est pas la seule violence basée sur le genre (VBG)

C’est la thématique de violences basées sur le genre qui a été abordée la première pour entrer dans la formation proprement dite. Il a été question de différencier les notions de "genre" et "sexe" pour ensuite expliquer les principales catégories de violences basées sur le genre (VBG), leurs causes et conséquences. Ceci a permis de présenter la réponse adaptée et le circuit de référencement des survivants des VBG ainsi que le rôle que les volontaires communautaires sont appelés à jouer à ce niveau.

Plus d’un participant ont avoué que jusque là ils se préoccupaient des seuls viols sexuels ou des cas de jeunes filles tombées enceintes hors mariages. Tous ont donc témoigné qu’ils ont compris que le viol sexuel n’est pas la seule violence basée sur le genre. Au terme de la formation, ils savent maintenant que d’autres formes de violences existent. Les unes affectent l’intégrité physique tandis que d’autres affectent le psychique ou sont basées sur l’économique et le social. Toutes ces formes de violences touchent aussi bien les femmes que les hommes avec bien évidement une forte proportion chez les femmes et les filles. Ils ont alors tous promis que désormais, ils vont d’abord eux-mêmes changer d’attitudes et de comportement au niveau familial et communautaire avant d’aller relayer les connaissances acquises.


La formation en pleine séance

Les notions de techniques de sensibilisation ont occupé la dernière moitié du temps de la formation et les volontaires communautaires TUBEHONEZA ont été sensibilisés sur les qualités, les attitudes et les compétences d’un agent communautaire. Ils ont enfin été bien encadrés à la méthodologie à suivre avant et pendant une séance de sensibilisation. Ils leur à été fait comprendre que chaque fois et à toutes les étapes de la préparation et la conduite d’une séance de sensibilisation, ils doivent veiller aux quatre éléments clés de la communication. En effet, si l’émetteur ou le récepteur est défaillant et que le canal est mauvais ou mal choisi, le feedback devient difficile ; le message ne passe pas correctement et ll n’est par conséquent pas bien assimilé.

Les participants ont également bien apprécié que la formation ait abordé cette thématique sur les techniques de sensibilisation. NTAKARUTIMANA Valérie, un volontaire communautaire de la commune Gisara dira que les connaissances acquises lui permettront d’améliorer ses interventions communautaires : « Jusqu’ici j’étais passive et attendais d’être sollicitée.  Maintenant je vais être proactive. Je vais organiser des séances d’explication des violences basées sur le genre et les moyens de les prévenir.  Je constate que je faisais mon travail dans le désordre ; juste après cette formation, je crois que je vais être beaucoup plus méthodique », a-t-elle témoigné.

Cette formation des volontaires communautaires à Cankuzo a clôturé une série de formation que UNFPA a organisé à travers le projet conjoint Tubehoneza en guise de leurs premières sessions de renforcement des capacités mis en place au niveau de toutes les provinces d’intervention en vue de jouer le rôle de relais communautaires du projet. Ils seront en première ligne pour la sensibilisation à la lutte contre les VBG ainsi que la promotion de la planification familiale dans leurs communautés. Ils seront également mobilisés pour accompagner et référer des cas de VBG et la gestion pacifique des conflits.

Précisons que la première formation des volontaires communautaires TUBEHONEZA a été organisée à Bubanza du 4 au 6 Mars 2020. C’est à cette occasion que leur dénomination en Kirundi « ABITANZI BA TUBEHONEZA » a été proposée. La même formation a été reprise en faveur des volontaires de Ruyigi du 31 mars au 2 avril 2020. Au total, sur 120 volontaires communautaires attendus au niveau des 3 provinces, 118 ont répondu présents et ont suivi toute la formation.

Par Dieudonné Nahimana et Queen BM Nyeniteka